Lorsqu’elle née à Aubervilliers en 1916 son père Nicolas Karman est mobilisé, gazé, il mourra des suites de cette guerre. Elle aura une sœur Marcelle Karman, militante communiste membre du comité de libération d’Aubervilliers, décédée et un frère André Karman résistant communiste déporté à l’âge de 18 ans au camp de concentration nazi de Dachau, dirigeant communiste, il sera maire d’Aubervilliers et conseiller général de 1957 à 1984 jour de son décès à l’âge de 60 ans.

Fernande Collot-Karman fut arrêtée le même jour que son mari, Raymond Collot résistant communiste, capitaine FTP sur la banlieue de paris, qui sera fusillé, le 25 avril 1944, au Mont Valérien. Leur fils, Claude nouveau né sera par chance confié à sa mère Charlotte Karman. Raymond Collot sera enterré dans sa ville d’Aubervilliers, dans le carré officiel, en 1945 lors de funérailles officielles d’Etat de toute la direction de la section d’Aubervilliers du parti communiste organisé par le ministre maire d’Aubervilliers Charles Tillon.

Fernande Collot-Karman fut ouvrière « aux allumettes » entreprise importante d’Aubervilliers de fabrication d’allumettes rue Henri Barbusse, à l’emplacement de l’actuelle Documentation Française.

Fernande Collot-Karman se faisait un devoir, toute sa vie de soutenir financièrement le journal « l’Humanité » et elle fut aussi à deux reprises candidate sur la liste communiste conduite par son neveu Jean-Jacques Karman pour les élections municipales d’Aubervilliers.

Ses obsèques auront lieux mardi 3 aout 2010 à 15 h 45 au cimetière d’Aubervilliers rue Charles Tillon. L’Humanité présente ses condoléances à toute sa famille, à ses amis et ses camarades. »

L’après midi au cimetière, étaient présentes des délégations du Parti Communiste, de la CGT (sa corporation : les tabacs) et de la municipalité. Les amis et la famille présentes ont écouté les déclarations de Jean Jacques Karman et d’André Narritsens (reproduites ci-après).

L’intervention de Jean Jacques Karman :

« Au nom de ma famille, de ma sœur Michelle, de mon frère Daniel et en mon nom, je rends hommage à notre tante Fernande la sœur de notre père.

Au nom du Parti Communiste Français, de sa direction, je rends hommage à la camarade qui était officier de la légion d’honneur au titre de la résistance et de la déportation.

Au nom de la municipalité d’Aubervilliers et des élus communistes, je rends hommage à l’albertivillarienne qui a fait honneur à notre commune.

Au nom du Conseil général de la Seine Saint-Denis et de son groupe communiste, je rends hommage à une grande dame qui nous pousse à l’admiration et au respect.

La guerre fut la grande tragédie de la vie de ma tante Fernande ! Lorsqu’elle naît à Aubervilliers en 1916, son père Nicolas Karman est mobilisé, il sera victime des gaz de combat. Il mourra des suites de cette guerre. Il est enterré ici avec sa femme, notre grand-mère.

Au moment de la 2ème guerre mondiale Fernande Collot née Karman refuse cette nouvelle guerre et choisi avec son mari, sa sœur et son frère, la résistance aux fascistes dans les rangs des FTPF, les francs tireurs et partisans Français créé par le parti communiste clandestin.

Elle est arrêtée le même jour que son mari et dans la même période que son frère pour résistance communiste en banlieue de Paris. Ils sont interrogés par les sections spéciales créés par Laval le traite qui souhaitait la victoire des nazis, à l’époque maire d’Aubervilliers.

Le fils de Fernande, Claude notre cousin, nouveau né, est retiré à sa mère et par chance il est confié à notre grand-mère. Fernande sera déportée au camp de concentration nazi de Ravensbrück et libérée par l’armé rouge.

Son mari, Raymond Collot, résistant communiste, capitaine FTP sur la banlieue de paris, passera par la prison de Fresnes après leur arrestation. Il sera fusillé, le 25 avril 1944, au Mont Valérien. Il est mort pour la France et à titre posthume, il est chevalier de la légion d’honneur.

Raymond Collot sera enterré dans sa ville d’Aubervilliers, dans le carré spécial ici, en 1945 lors de funérailles officielles d’Etat de toute la direction de la section d’Aubervilliers du parti communiste. Cette cérémonie fut organisée par le ministre maire d’Aubervilliers à la libération : Charles Tillon.

Sa sœur, Marcelle Karman, militante communiste sera membre du comité de libération d’Aubervilliers, et son frère André Karman, notre père, lui aussi résistant communiste et déporté à l’âge de 18 ans au camp de concentration nazi de Dachau, dirigeant communiste, sera maire d’Aubervilliers et conseiller général de 1957 à 1984.

De retour de déportation, notre tante se consacra à son fils. Elle a vécu avec son compagnon, Roland Lejeune jusqu’à la mort de celui-ci ; mais elle ne se remariera jamais. Elle resta, toute sa vie, fidèle à ses idées, elle se faisait un devoir, par exemple de soutenir financièrement le journal « l’Humanité » et elle fut aussi, à deux reprises, candidate sur la liste communiste que j’ai eu l’honneur de conduire aux élections municipales d’Aubervilliers.

Fernande Collot-Karman fut ouvrière « aux allumettes » entreprise importante d’Aubervilliers de fabrication d’allumettes rue Henri Barbusse, à l’emplacement de l’actuelle Documentation Française.

Fernande Collot-Karman cette grande dame est décédée mercredi 28 juillet 2010 à l’âge de 94 ans, à la suite d’un AVC.

J’émets le souhait qu’un lieu à Aubervilliers porte le nom de cette albertivillarienne qui a payé très cher son engagement pour la liberté contre la bête immonde.

Nous sommes fiers d’avoir eu comme tante, Madame Fernande Collot-Karman. »

André Narritsens au nom de la section a rendu hommage à Fernande Collot dans les termes qui suivent :

« Je souhaite dire quelques mots au nom de la section d’Aubervilliers du Parti communiste (…). Je crois que nous devons savoir qu’il ne nous sera guère donné d’autre occasion de dire dans de pareilles circonstances ce que fut la Résistance ou plutôt les hommes et les femmes qui firent la Résistance.

Une génération s’efface en effet et avec elle s’en va une mémoire vivante, un rappel incontournable de ce qui eut lieu.

Les révisionnistes en histoire se réjouissent de ce fait. Ils pensent qu’ils auront les coudées plus franches pour trafiquer ce qui a été.

C’est à ce défi, à cette bataille de l’histoire que nous sommes conviés aujourd’hui. Et nous avons la responsabilité de la mener, nous les communistes, parce que ce qui fut fait par nos camarades au cours des années noires est notre honneur et que nous ne le laisserons entacher d’aucune manière.

La tragédie qui fut celle de Raymond et Fernande Collot eut lieu au tout début de l’année 1944. Alors que les nazis reculent devant l’Armée rouge les nazillons français acoquinés à l’occupant poursuivent la lutte à mort entreprise depuis septembre 1939 contre les communistes.

Les sinistres brigades spéciales accentuent la chasse aux résistants, arrêtent, torturent et livrent leurs proies aux nazis.

Disons simplement deux dates : le 21 février 1944 les 23 de l’Affiche rouge sont fusillés. Un mois plus tôt, le 11 janvier, Raymond Collot qui dirige au sein des FTP le groupe spécial chargé des attentats a été arrêté. Torturé par les Brigades spéciales il a été dirigé sur Fresnes d’où il sera extrait dans la nuit du 25 avril pour être fusillé au Mont-Valérien.

Fernande a été appréhendée le 12 janvier. Elle est également internée à Fresnes puis déportée dans l’inhumanité de Ravensbrück.

Je ne puis m’empêcher, en observant comment se lie ainsi dans la tragédie, le destin d’une femme et d’un homme, je ne puis m’empêcher de penser aux couples de la Résistance et plus particulièrement aux femmes de la Résistance. A Aubervilliers les femmes de la Résistance portent des noms de lumière. En voici quelques uns : Régine Gosset, Yonne Carré, Hélène Cochennec, Alice Fauré, Colette Tillon, Fernande Collot.

En ce moment difficile, où les mots ont du mal à se dire, je salue au nom des communistes d’Aubervilliers la mémoire de Fernande Collot »