Nous pouvons dire que les choses sont maintenant dans l’ordre. Deux conseillers départementaux présentés par le PCF et la Gauche Communiste élus, un maire et une majorité communiste au conseil municipal c’est bien, c’est même très bien pour la population d’Aubervilliers. Maintenant il ne faut plus commettre d’erreurs et travailler, travailler dans tous les secteurs dans l’union avec nos partenaires actuels.

Je suis heureux d’avoir pris une grande part à ces résultats. Au soir des municipales de 2008, où le Parti Socialiste, pourtant arrivé deuxième, au premier tour, refuse le désistement républicain et fait alliance avec une petite liste de Droite et l’emporte, je me suis juré, ce soir là, de tout faire pour redonner la direction de la ville au Parti Communiste pour le bien des albertivillariens.

Réélu Conseiller général le même jour, pendant 3 ans, seul élu communiste pour la ville d’Aubervilliers d’un mandat local important, avec mes camarades, j’ai tout fait pour arriver à la situation politique d’aujourd’hui. Bien sûr l’attitude positive de Pascal en 2003 a facilité les choses, les différents responsables du Parti ont aussi agit dans le bon sens, ainsi que nombre de militants, mais pour ce qui me concerne je veux rendre hommage au travail des camarades de la gauche communiste et j’ai la faiblesse de penser que mon journal par sa dureté y est aussi pour quelque chose, dans la victoire.

Pour les municipales de 2020, une chose est sûre je travaillerais à l’union dans le respect de la place du parti communiste. Il faut travailler sur tous les secteurs, peut-être plus que nous le faisons aujourd’hui car les contradictions de la crise du capitalisme font de grands ravages en particulier à Aubervilliers 2ème ville la plus pauvre de France pour ses habitants. Personnellement, je vais tout faire, par mon travail de Maire adjoint au développement économique, pour créer une situation positive pour 2020 car je compte bien être présent en 2020.

Passons au second point de cette soirée, me saluer pour mes 31 ans d’actions comme Conseiller général au service de la population d’Aubervilliers. Je remercie Pascal pour avoir organiser cette soirée. Conseiller Général c’est un mandat que j’ai aimé et la population de notre ville me l’a bien rendu en me faisant toujours confiance, même dans les situations les plus difficiles.

Une fois, par exemple : j’étais seul contre 7 candidats, sans le soutien du Parti Communiste. Et bien, la population m’a réélu largement en tête de tous les candidats. Je veux dire, ce soir, que je n’ai aucune rancune sur le positionnement de certains camarades. Ils pensaient avec le Parti, avoir raison politiquement, je les respecte. Personnellement, encore aujourd’hui je reste fidèle à ma position de l’époque qui était une opposition frontale à la politique de la Gauche Plurielle qui a fait et qui fait encore beaucoup de mal aux résultats électoraux du Parti Communiste sur la France.

Pour être clair, je pense, aujourd’hui, que le Parti Socialiste n’est plus un parti de gauche et que la stratégie du Parti Communiste doit rompre définitivement avec le Parti Socialiste si on veu changer de société. La question des militants de base du Parti Socialiste et celle de l’électorat socialiste est une autre question que nous devons travailler sur une base d’un rassemblement anti capitaliste.

J’ai été élu pour la première fois Conseiller Général le 1er juillet 1984, avec 64,39% au premier tour. J’ai eu l’honneur et la tristesse de succéder à mon père décédé fin mai 1984. La situation nationale, à la suite des élections européennes de juin 1984, c'est-à-dire quelques jours avant mon élection, était catastrophique : la liste du PCF conduite par Georges Marchais venait de passer de 20% à 11% sur la France perdant près de la moitié de ses suffrages, après 3 ans de participation communiste au gouvernement socialiste de Mitterrand.

Mon élection pour le Parti Communiste était la première après le désastre des européennes, à la suite desquelles Georges Marchais avait disparu de la direction du PCF pendant plusieurs jours.

Mon père était Maire et Conseiller général. Il y eu qu’une élection, Jack Ralite, que je salut, lui à était élu Maire par le Conseil municipal.

Le choix de ma candidature, pour les cantonales, fût fait en fonction du résultat possible et de son impact dans les analyses politiques nationales. Le lendemain de mon élection le 2 juillet, le journal Le Monde titrait « le PCF n’est pas mort : la preuve par l’élection cantonale d’Aubervilliers ».

Et pourtant la droite avait mis le « paquet », déplaçant des dirigeants de droite. Par exemple au bureau de vote Marc Bloch où votaient le Landy et le Présenssé, le père Calméjame ex nervi de chez Simca et maire de Villemonde avec les siens avaient assiégé le bureau de vote, refusant le résultat de 85% pour ma candidature dès le premier tour. La coïncidence est que la présidente du bureau de vote, adjointe d’André Karman, qui prononcera les résultats, sera ma chère femme quelques années plus tard. Elle dut être accompagnée par la police jusqu’au bureau centralisateur.

Bien sûr la qualité du travail de mon père est pour quelque chose dans ce très bon résultat pour le Parti Communiste, à un moment difficile de son histoire.

Mais franchement j’étais loin d’être un inconnu pour les albertivillariens. Né à Aubervilliers en 1946, jusqu’en 1959 j’ai fait toutes les colonies de vacances de la ville d’Aubervilliers, footballeur pendant plusieurs années au CMA, bien connu par les jeunes de ma génération avec mes deux copains d’enfance Florent et Lacène. J’ai fréquenté 3 écoles, Paul Bert, la vieille école du Montfort aujourd’hui disparue et Gabriel Péri garçon, puis mon C.A.P d’ouvrier chaudronnier au centre d’apprentissage qui était situé à la place de l’actuelle cité Lénine. Membre des Vaillants dirigé Félix Fédrigo et Carmen Caron, délégué au camp internationale des pionniers en pologne en 1957, puis dès 1959 membre des jeunesses communistes avec mon copain François Asansi, en 1963 adhésion au Parti Communiste et en septembre 63 adhésion à la CGT métaux au 13 rue Pasteur. Membre de la direction fédérale du PCF depuis 1969, permanent du PCF depuis 1974 puis secrétaire du comité de ville du PCF et secrétaire de section pendant 17 ans jusqu’en 1986. En 1968, je suis passé dans un débat télévisé, sur les grèves de mai et juin 68, en tant que jeune ouvrier communiste. En 1980 le PCF comptait sur Aubervilliers près de 2000 adhérents, une centaine de cellules et 4 sections.

Tout cela pour dire que l’influence du PCF est et restera déterminante, que des élus qui rassemblent bien notre électorat sont aussi nécessaires, mais toujours en second. En 1984 nous avions une bonne situation. Je fus à partir de ce moment là proposé pratiquement à toutes les élections par le PCF, régionales, législatives, municipales et bien sûr cantonales. J’ai été sur le devant de la « scène » dans 14 campagne électorales.

Un mot sur ma pratique de Conseiller général : dès le début en 1984 j’ai édité un journal du Conseiller Général, j’ai ouvert 4 permanences sur Aubervilliers, une avenue de la république et une autre au Landy dans des cafés, une au 22 rue Henri Barbusse pour les quartiers Villette et Quatre Chemins où je fus au moment les plus durs de nos divergences, expulsé et je fis ma permanence sur le trottoir avec reportage dans le Parisien et enfin une permanence officielle en Mairie, qui m’a jamais été retirée.

J’ai été présent dans toutes les luttes d’Aubervilliers, en particulier deux où à la Villette j’ai défonçé à la masse, le murage d’un café décidé par le préfet au risque de poursuites judiciaires et élevé, une nuit, avec des habitants une barricade rue Nicolas Rayer, pour empêcher les bennes à ordure de la ville de Paris de réveiller les habitants à 5 heures du matin. Et nous avons gagné, par un changement d’itinéraire.

Je crois que pendant les 11 000 jours où j’ai été sur le terrain comme Conseiller Général, j’ai été utile pour les travailleurs et les habitants. J’ai été je crois un bon Conseiller général communiste et j’ai su passer le flambeau dans de bonnes conditions. C’est dur, mais j’en suis fier.

Etre un militant communiste avec des responsabilités et plusieurs mandats d’élu cela prend beaucoup de temps, je n’ai pas été souvent à la maison. J’ai appris, j’ai découvert des secteurs que ne connaissais pas. Vice Président du conseil général à l’aménagement au moment de la réalisation du Schéma Directeur de la Région Ile de France j’ai rencontré et travaillé avec deux femmes compétentes, Mireille Ferry la Vice Présidente verte de la région et Anne Hidalgo alors, maire adjointe de Paris, en charge de l’aménagement.

Avec ma collaboratrice Brenda à qui je rends hommage ce soir, nous avons organisé plus de 120 rencontres dans toutes les villes de Seine Saint Denis, la plus grande consultation jamais organisée dans le 93. Un livre écrit par mon ami Denis Fernandez Récatala aujourd’hui disparu, fut édité sur ces rencontres.

Je veux saluer aussi ma secrétaire Christiane quand j’étais Vice Président du Conseil Général et préciser pour Brenda que pour mes interventions qui ont toujours eu une dimension politique, au début de notre collaboration elles étaient écrites à 100% de ma main et la dernière il y a plusieurs semaines sur les finances du Conseil Général 90% étaient de sa main. Nos vues se sont beaucoup rapprochées politiquement surtout pour analyser les dérives socialistes.

Président de la Sodédat 93 la société d’économie mixte du conseil général, avec des responsabilités pour les présidents plus grandes qu’aujourd’hui, j’ai rencontré au moment de la réalisation de nombreux collèges, des artistes de l’architecture et de l’urbanisme : le grand architecte Cubain Ricardo Poro et mon ami Jean Pierre Lefévre. Je fus aussi un moment Président de la Sidec l’autre société d’aménagement, puis Président des parcs et sports, Vice président de l’OPHLM pendant 28 ans, Vice président des barrages de seine, vice président de la Sémidep, Vice président de la séquoano… je ne compte pas les conseils d’administration.

D’autres que moi, pour moins que cela, ont obtenu la légion d’honneur. Moi je ne risque pas de l’avoir car il faut en faire la demande et comme mon père, je la refuse, car il y a parmi ceux qui ont cette décoration, des assassins comme l’un des tortionnaires d’Henri Alleg. Voilà résumé mon action pendant 31 ans au conseil général.

Une précision, j’ai été aussi président du groupe communiste du Conseil général au moment où sur 40 Conseillers généraux 30 étaient communistes. Facile et pas facile car il y avait de fortes personnalités et les oppositions dans le PCF étaient multiplié dans le groupe. Peut-être m’avaient-ils choisi car ne faisant parti d’aucune des deux tendances principales



Pour terminer je veux tenir mon engagement du début de mon intervention. Parler ou ne pas parler de ma maladie alors que beaucoup d’habitants dans la rue me posent la question, parfois avec de fausses informations.

Et bien, il y a cette maladie, dont le diagnostic m’a été communiqué au début de la campagne électorale. J’avais envisagé de ne pas me représenter, et en même temps j’ai commencé la campagne électorale. Ca a été dur et c’est toujours dur d’avoir à tourner cette page. Dur car mes proches, même ma femme dont j’écoute souvent les conseils, au début, minimisent cette maladie. J’ai une maladie orpheline qui est proche de Parkinson, mais qui se manifeste chez moi par des troubles de la diction. Elle n’est pas mortelle, elle peut évoluer mais il n’y a pas de médicaments. Simplement une hygiène de vie, des séances deux fois par semaine chez l’orthopédiste pour faire travailler une certaine partie du cerveau.

Dans une vie on n’utilise qu’ 1/3 des capacités du cerveau, des neurones naissent et d’autres meurent, les recherches n’en sont qu’au début, il faudrait que mon corps fabrique de la dopamine pour que je progresse, l’hormone du plaisir. Moi je demande que ça mais ça ne vient pas, il faut que je sois patient.

J’ai tourné une page mais je ne vais pas fermer le livre. Je serai peut-être même candidat à une autre élection, pas celle de Conseiller Départemental, mais rien n’est écrit, pour aider à mobiliser de l’électorat communiste je serai toujours présent.

Pour terminer je dois remercier la direction du Conseil Départemental pour m’avoir laissé la présidence du CAUE 93 que je préside depuis 28 ans et de me donner le titre à vie de Conseiller Général honoraire quant on a fait au minimum 18 ans de mandat.

Pour terminer je vous remercie tous.