Le patronat PSA a, depuis le début des années 70, tiré d’énormes profits en exploitant le travail des ouvriers d’Aulnay. Encore récemment, les actionnaires ont touché d’importants dividendes, 6 milliards en 12 ans.

La C3 montée à Aulnay est un succès et la direction décide en 2009, d’organiser, je dis bien organiser la fermeture de l’usine d’Aulnay pour 2014, en fonction de ses intérêts privés globaux, puisque nous apprenons qu’un autre site européen aurait pu être fermé. En ne prévoyant pas la production d’un nouveau modèle et en dissimulant sa décision, elle a menti pendant des mois et des mois et mis tout le monde devant le fait accompli.

Parallèlement, les travailleurs de PSA Aulnay n’ont fait aucun profit, aucune faute de travail et ils sont les seules victimes avec leur licenciement. Des vies personnelles risquent d’être bouleversées, voir brisées.

Ajoutons que l’usine d’Aulnay est située en Seine Saint-Denis, certainement le département qui a le plus souffert de la désindustrialisation. Les projets d’aménagement de la région parisienne, en particulier le discutable « Grand Paris » ne peuvent pas se résumer à la finance, au tourisme et aux bureaux de sièges sociaux. L’industrie doit être présente, c’est une question d’équilibre sociologique et de développement. Alors, nous devons préserver la dernière grande entreprise industrielle de Seine-Saint-Denis.

La seule solution est d’obliger la direction de PSA à retirer son plan de 8 000 licenciements, de la fermeture de l’usine d’Aulnay et qu’elle mette en œuvre un plan de développement sur la base d’un nouveau modèle plus écologique sur le site d’Aulnay.

Le gouvernement a la clé du problème et de plus, il a une dette envers les travailleurs de l’automobile. En effet, le gouvernement Mauroy a laissé faire les licenciements de l’usine SIMCA et celui de Rocard a privatisé Renault.

La Seine-Saint-Denis a aussi été le département qui a voté le plus pour le Président de la République actuelle, croyant que le changement était pour maintenant. Alors, le gouvernement doit agir pour imposer la seule solution possible : c’est-à-dire : refuser la fermeture de l’usine d’Aulnay.



Mais je suis inquiet de plusieurs faits en cette rentrée :

• 1°) les médias, y compris des émissions de télévision, entretiennent un climat de fatalité à propos de la fermeture de l’usine d’Aulnay. • 2°) le Ministre socialiste Arnaud Montebourg déclare que les syndicats doivent « reformater, renégocier et diminuer le plan social » et non refuser la fermeture du site d’Aulnay. Et il ajoute, en les opposants aux autres ouvriers de PSA, qu’ils doivent« penser à tous ceux qui restent », et appelle les syndicats à leur « responsabilité ». • 3°) je ne parlerai pas des amabilités échangées entre le patronat et les ministres socialistes lors de l’université d’été du Medef, du genre : « faire gouverner ensemble le travail et le capital ».

Chers collègues socialistes, parmi vous il y a quatre parlementaires dont le Président de l’Assemblée nationale. Comme le gouvernement, vous ne vous prononcez pas clairement pour le maintien de l’usine PSA d’Aulnay et de ses 3 000 salariés. Vous devez modifier votre position et intervenir pour que le gouvernement change aussi de position en refusant tous les licenciements et en mettant en œuvre un plan de développement de l’usine d’Aulnay. Une prise de participation, voire une nationalisation, sont des moyens possibles pour arriver à un résultat positif pour l’ensemble des travailleurs. Au minimum, ce que Sarkozy a fait pour l’ASTON Belfort, Hollande peut le faire avec PSA Aulnay.

Il y a bien le travail et le capital il faut choisir votre camp, sur la question PSA, pour que le changement soit réellement « maintenant ».