Parallèlement la population de notre département est en proie à des souffrances sociales grandissantes, un taux de chômage de 12.7%, dépassant de 4 points le taux national et une politique d’austérité qui fait des ravages.

Concrètement : les recettes du Département sont très problématiques, explosion des dépenses obligatoires de fonctionnement liées au financement des allocations nationales de solidarité – l’effet ciseaux contraint, une année de plus, à tailler dans les services publics.

Le Conseil Général du Nord a lui le mérite de la clarté, il dénonce ouvertement une dette de l’Etat dépassant les 3 milliards d’euros ; pour notre département, le chiffre s’en rapproche. Début 2014, il s’agissait de plus de 2 milliards d’euros, auxquels se sont ajoutés environ 250 millions d’euros, courant 2014, de reste à charge du département liées aux allocations de solidarité.

Cher Président, quand allez-vous publier le "tableau Claude Bartolone" mis à jour pour connaître toute la vérité comme je vous le demande à chaque séance budgétaire. Dans ces conditions pouvons nous, cher(e)s collègues, parler : d’un « soutien financier sans précédent » de l’Etat, comme indiqué dans le rapport ?

Oui, vous avez obtenu des recettes pour éviter la catastrophe financière annoncée en 2014, mais celle-ci ne sont pas de nature à régler durablement les risques pour notre département.

Il n’est pas acceptable de se féliciter d’une perte de recettes de plus d’une centaine de millions d’euros actée dans le Projet de Loi de Finance 2015 et pour les années à venir :

- en 2014, l’Etat a ponctionné de près de 10 millions d’euros notre DGF. Entre 2015 et 2017, il s’agira de nous priver de 66.6 millions d’euros de DGF.

- la baisse de 39% des allocations compensatrices liées aux exonérations de fiscalité locale représente un risque de 6.1 M d’euros en moins pour la Seine Saint Denis.

-la proposition de l’Association des Départements de France de fusion des fonds de péréquation, soit un impact de 17.2 M d’euros.

-comment ne pas s’indigner aussi lorsque nous savons que nous sommes toujours impactés de 36 Millions de ticket modérateur de l’ancienne taxe professionnelle pour les bases de calcul ?

Bien évidemment, ces ponctions financières se traduisent sur les services publics rendus: depuis 2009, chaque année, ce sont des millions de coupes dans les services. N’oublions pas le remboursement de la carte Imagin’R, l’augmentation sans précédent de la carte Améthyste, l’augmentation des tarifs des cantines, la suppression de l’aide à l’achat d’un ordinateur, de la calculette et du cahier des travaux dirigés, sans compter la baisse très importante du FSL etc….

A Aubervilliers, vous faites le choix de vous désengager totalement de l’aide que vous apportiez à certains jeunes en insertion. L’association Ecole Plus Auto, va devoir licencier 3 personnes, et laisser 130 bénéficiaires inscrits cette année, sur le carreau, alors quelle agit depuis 25 ans. Je vous ai alerté maintes fois sur cette situation. J’ai aussi écho que l’association « Une oasis dans la ville » qui œuvre dans l’action sociale, aurait sa subvention très sérieusement amputée avec un risque de licencier deux animateurs socio culturels. Monsieur le Président, mesurez-vous bien les risques sociaux dans nos quartiers lorsque vous faîtes le choix de détruire le travail de terrain de ces associations à l’heure où nous en avons le plus besoin ?

Monsieur le Président comment leur faire entendre que parallèlement à ces choix, les groupes PS, UDi ET UMP votent en commission permanente une subvention importante à l’organisation patronale la CGPME 93 qui revendique d’agir pour le développement de l’actionnarial. Les 40 milliards d’aides au plan national aux entreprises sans aucune contrepartie, n’est-ce pas suffisant ?

Monsieur le Président, priver les collectivités locales de ressources est un choix idéologique. Depuis les gouvernements successifs de droite à celui actuel,  la ligne reste inchangée.

Le gouvernement se plaît à orchestrer la mort des politiques publiques portées par le Département. Aux risques financiers, se mêle le risque institutionnel de disparition du Conseil Général Les habitants de la Seine Saint Denis n’ont pas à payer le désengagement de l’Etat, comme ils n’ont pas à payer le pacte de 40 milliards d’aides publiques aux entreprises.

Les habitants de la Seine Saint Denis n’ont pas à payer les dérives de la finance, quand un gouvernement dit de gauche exonère les banques de leurs excès, comme les emprunts toxiques, au détriment des collectivités.