Nos alliances sont des éléments de notre stratégie. Un « Front de gauche » ou un « Front populaire » entre organisations plus ou moins réformistes, ne peut mener qu’à l’échec. L’échec que nous vivons actuellement. D’autre part, tout parti communiste qui fait passer sa tactique avant sa stratégie, elle-même avant l’analyse de classe et l’analyse sans un réel programme communiste, ne peut que conduire au désastre. En aucun cas une politique d’alliance seule ne peut ouvrir la porte à une perspective populaire sur la voie du communisme.

On entend depuis que les résultats des régionales sont connus, nombre de grandes déclarations sur l’échec du « Front de gauche », comme si certains avaient vu juste avant les autres. Il ne suffira pas de remplacer « Front de gauche » par « Front populaire » pour avancer sur la voie du communisme. Il faut revoir la base même de notre stratégie et donc notre programme pour le communisme, qui est l’A B C d’un parti communiste, oui même en France en 2016.

Nous avons abandonné au nom du « modernisme de l’Euro-communisme », en 1976 à notre 22ème congrès, des fondements essentiels de notre stratégie révolutionnaire, en particulier celui de la référence à « la classe ouvrière » qui doit être centrale pour un Parti communiste fondant sa théorie sur le marxisme, non pas pour le nombre d’ouvriers mais pour la place de la « classe ouvrière » dans le mode de production capitaliste. Pire, aujourd’hui aux élections régionales, le parti « national socialiste » qu’est le « Front national » est premier dans la classe ouvrière et chez les jeunes. Au groupe communiste à l’Assemblée nationale il n’y a plus un seul ouvrier et combien à la direction du Parti et dans le Parti ?



Trois points me semblent essentiels pour reconstruire notre politique d’alliance, sur la base d’une stratégie et d’un programme révolutionnaire. 1. politique de rupture au plan national avec le capitalisme. 2. politique de rupture avec l’Union européenne capitaliste. 3. politique de rupture historique avec la direction nationale du Parti qui n’est plus socialiste ni même de gauche. Trois ruptures sur lesquelles ou autour desquelles nous devons reconstruire notre programme et notre stratégie. La première mesure de rupture avec le capitalisme doit être la « nationalisation des banques ». Voilà ce qui devrait être inscrit en priorité dans notre programme pour les mobilisations. La première mesure de rupture avec l’Union européenne doit être l’abrogation de tous les traités européens. La première mesure de rupture avec la direction nationale du parti qui n’est plus socialiste ni même de gauche est de ne plus appeler à voter, par exemple, pour des politiciens comme Claude Bartolone qui sont des arrivistes, qui a déclaré par exemple vouloir éradiquer les communistes de la Seine-Saint-Denis. Faire le contraire, c’est rendre complètement illisible notre message politique. Bien sûr, il s’agit d’un processus révolutionnaire à partir de prises de consciences populaires où le Parti communiste a un rôle irremplaçable.

L’occasion de refonder notre politique d’alliance, notre stratégie et notre programme sur une base marxiste ne se représentera peut-être pas. Aujourd’hui nous pouvons encore le faire !