Intervention de Jean Jacques Karman lors du débat sur les orientations budgétaires 2015 de la ville d’Aubervilliers

Le budget 2015 de notre ville est forcément tributaire du bilan de la gestion de l’équipe précédente en mairie pendant 6 ans.

Prenons quelques points, en commençant par la dette.

Fin 2007, sous la gestion à direction communiste, la dette était de 117 millions. Après 6 ans de gestion socialiste elle atteignait 174 millions, c'est-à-dire 57 millions de plus, une augmentation de près de 50%. Cette réalité a produit au début 2014 un remboursement du capital emprunté et des intérêts du capital de près de 18 millions. Pour cette année 2015 ce sont près de 18,5 millions c'est-à-dire plus 500 000 euros sur 2014 et plus 5 millions sur 2007, alors que depuis avril, nous avons réduit la dette totale, depuis que nous sommes à la direction de la ville, de 15 millions.

Cette baisse est bonne pour la gestion de la lourde dette dont nous avons héritée. Mais elle résulte pour une part du refus des banques de nous prêter pour réaliser tout l’investissent prévu.

Nous sommes donc doublement victimes : de la politique financière des banques et de la gestion socialiste. Ca me rappelle un certain « mon ennemi, c’est la finance ». Non, en réalité aujourd’hui la finance et la gestion socialiste ça va ensemble.

Concrètement le déficit de 2,3 millions de la section investissement du futur compte administratif, par manque de prêt, nous empêche d’utiliser les 1,6 million de plus de la section de fonctionnement du futur compte administratif, comme la loi nous le permet, pour équilibrer le budget 2015 sans augmentation d’impôt.

Dans les faits il faut aussi ajouter à la dette laissée par les socialistes, la vingtaine de millions que nous devons payer à raison 1 million par an sous forme de loyer pour le PPP d’une école. Je sais, vous allez dire que je l’ai voté, oui je l’ai voté pour une raison bien simple : le délai pour la rentrée scolaire des enfants, mais j’ai toujours critiqué le de mode financement. Une question si ce mode de financement était si bon pourquoi n’avez-vous pas continué pour d’autre équipement ?

Un mot sur les emprunts toxiques qui nous pénalisent. Je vous précise que je n’ai jamais décidé ou signé un seul emprunt toxique. Mais même si j’en avais signé un, serais-je responsable de la malhonnêteté des banques qui les ont fabriqués et pour lesquels ils ont été condamnés par la justice française ? Selon vous, ici je serai responsable des emprunts toxiques du Conseil général et d’Aubervilliers parce que je suis communiste et à Lille, Madame Martine Aubry, socialiste qui en a souscrit beaucoup plus qu’à Aubervilliers serait une victime ! Ou encore, comme plus de 1000 maires de France dont l’ancien maire de Tulle, un certain Hollande François serait eux aussi victimes ? Accuser les seuls communistes d’une malhonnêteté bancaire qui touche tout le monde, c’est ce qu’on appelle de l’anti communisme pur…Mais je rappelle que Jacques Salvator alors Maire d’Aubervilliers signe une confirmation en juillet 2008, c'est-à-dire 3 mois après son élection controversée, un emprunt toxique n° 260278 basé sur le dollar et yen avec la banque Dexia.

Aujourd’hui, la banque Dexia est propriété de l’Etat. Le gouvernement socialiste a les moyens de régler cette question des emprunts toxiques s’il en a la volonté. Le vrai faux combat des socialistes sur les emprunts toxiques a conduit à une vraie loi de validation des emprunts toxiques ! L’Etat PS s’est rangé du côté des banques et a lâché les 1500 collectivités locales touchées par les emprunts structurés.

Sur les dotations d’état, il faut dire toute la vérité. Si certaines augmentent c’est que la population pauvre d’Aubervilliers augmente. Ce n’ait pas un plus mais un ajustement en fonction du nombre. Par contre, alors que la population globale d’Aubervilliers à plus augmenté qu’à Saint-Denis ou Montreuil par exemple, pour atteindre 77725 personnes, la dotation forfaitaire et la compensation fiscale ont baisséde 2,613 millions pour cette année après le million de l’année dernière. Tout cela pour alimenter les cadeaux aux capitalistes.

Dans sa déclaration du 22 janvier le parti socialiste termine par cette phrase « Le maire et sa majorité veulent cacher la vérité à la population et augmenter les impôts locaux sans raisons. »

Les socialistes ont eu si souvent recours à l’augmentation des impôts, je rappelle +32 % en 6 ans, qu’ils n’imaginent pas qu’il est peut-être possible de faire autrement. En tout cas les albertivillariens sont prévenus, si les socialistes revenaient par erreur aux commandes la valse des augmentations reviendrait avec eux.

Pour le groupe Gauche Communiste et apparenté, nous travaillons, comme les autres groupes de la majorité à créer les conditions d’une non augmentation des impôts locaux. Nous avons constaté des décisions étonnantes dans les comptes budgétaires, comme par exemple les emplois d’avenir. Bien sûr il n’est pas question de les licencier, mais en prendre une centaine comme l’a décidé Jacques Salvator, le record de la Seine-Saint-Denis, et de loin, le double du Conseil Général cela est irresponsable, pourquoi pas 500 ou 1000 ? . Bien sûr en démocratie tout le monde a le droit de parler, mais si j’étais socialiste à Aubervilliers sur le budget je me ferais plus discret après le désastre financier de leur gestion.

Pour terminer, notre groupe souhaite un grand débat avec les habitants d’Aubervilliers dans les quartiers pour qu’ils cernent les responsabilités et pour qu’ensemble nous réalisions un bon budget équilibré, pour toute la population, sans augmentation des impôts locaux.