Rédigé par: Didier Daeninckx | le 05 décembre 2007 à 03:27

Cher Jacques Salvator,

Je termine la lecture de tes Chroniques d'Aubervilliers, "Une ville peut en cacher une autre", dans lesquelles tu ne cesse d'exprimer ton attachement à cette ville, à la diversité de ceux qui s'y sont installés au fil des années.

L''Histoire tient une très grande place dans ton ouvrage. On ne cesse, en effet, de constater que c'est en faisant marche commune, en participant aux combats solidaires, que les hommes de tous les horizons se forgent un destin commun.



J'ai appris pas mal de choses sur le territoire que j'arpente depuis maintenant près de soixante années, particulièrement sur la trajectoire admirable du pasteur Roser dont j'ignorais qu'il avait été élevé à la dignité de Juste pour avoir, en toute conscience, sauvé des Juifs pendant la dernière guerre.

J'avais lu, en son temps "On chantait rouge", le très beau livre de l'ancien maire communiste d'Aubervilliers, Charles Tillon dans lequel il parlait de son prédécesseur Pierre Laval dont on sait le rôle criminel qu'il joua dans la déportation raciale. Il y rappelait que Pierre Laval avait été anarchiste, puis socialiste avant de se prononcer pour la Troisième Internationale communiste en 1920.

Charles Tillon précise qu'ensuite "il tournait casaque" et fonda "un parti socialiste indépendant dont il sera à peu près le seul adhérent".



On pourrait penser que ce sont de vieilles histoires. Pourtant, elles continuent à agir sur nous. Samedi dernier, par exemple, en allant au marché de la mairie, je me suis arrêté, le souffle coupé. Jean-Jacques Karman, (que les Albertivillariens frondeurs appellent volontiers "Le Maire 2"), décorait la place de l'Hôtel de Ville au moyen de son portrait cent fois multiplié. Une banderole à sa gloire flottait sur l'installation avec ce slogan peint en noir : "En avant Aubervilliers". Cela ne rappelle plus rien à personne, mais en 1935, Jacques Doriot, un dirigeant communiste qui était passé avec armes et bagages au fascisme, dirigeait la ville voisine de Saint-Denis et faisait ami-ami avec le maire d'ici, Pierre Laval. Tout au long de son règne, Jacques Doriot, mort sous l'uniforme nazi, afficha son slogan sur les murs de "sa" ville : "En avant Saint-Denis".

Jean-Jacques Karman, qui ne cesse de vivre par procuration filiale, et qui se pique de faire oeuvre d'historien, devrait avoir la décence de mettre sa banderole amnésique à la seule place qui s'impose : la poubelle.

J'ai également été très sensible à l'hommage que tu rends à une enfant assassinée, Fatima Bédar, 15 ans, dont on retrouva le corps noyé, martyrisé, dans le canal qui longe notre commune. Une des nombreuses victimes de la nuit noire du 17 octobre 1961, quand la police du préfet Papon réprima la population algérienne et ouvrière qui manifestait pour l'Indépendance. En 1986, Pierre Vidal-Naquet m'avait associé à un dossier sur le 17 octobre dans "Actualités de l'Immigration". Il y avait aussi Jean-Luc Einaudi. J'avais terminé mon article sur une liste d'une dizaine de victimes, avec ces mots qui revenaient à chaque ligne : "pour mémoire". Au milieu figurait ce nom : "Fatima Bédar, pour mémoire".

Quelques mois plus tard, la soeur de Fatima Bédar se mit en contact avec moi pour me dire sa surprise de voir le nom de sa petite soeur associé au 17 octobre. Pour elle, Fatima avait été renversée par une voiture et avait disparu dans un banal accident de la route. Jean-Luc Einaudi repris tout au départ et arriva à la conclusion qu'on avait, en 1961, imposé une fiction à des parents désemparés. L'engagement de Fatima réintégra la mémoire collective algérienne. Quand je passe en vélo près de la passerelle de la Fraternité sous laquelle Jack Ralite a fait apposé une plaque en mémoire des victimes de Papon, c'est à Fatima Bédar que je pense.

Je te remercie pour ce livre qui dissipe quelques ombres, nous en rend d'autres familières, et j'espère qu'il sera suivi de nouvelles chroniques sur la période plus directement contemporaine.

Cordialement.

Didier Daeninckx

Rédigé par: Jean Jacques Karman le 8 décembre 2007 à 12:02

Le respect de la personne est un luxe inaccessible pour certains

UNE INSULTE QUE JE NE PEUX ACCEPTER

J’en ai déjà vu et lu des contre vérités, des coups bas et des insultes sur ma famille et moi-même. Avant moi, mon père, André Karman, en a été victime. Cela a même été jusqu’aux menaces de mort. Aujourd’hui, à la faveur de la prochaine élection municipale, une publication d’un des candidats vise à réécrire l’histoire de notre ville en minimisant le rôle et la place des communistes. Par exemple, dans la période de la Résistance aux nazis. Chacun peut avoir son opinion, mais les faits sont incontournables : la quasi-totalité des Albertivillariens, qui comme mon oncle ont été fusillés pour actions de résistance étaient des communistes. Cela ne veut pas dire que d’autres, y compris d’autres communistes comme mon grand-père, n’ont rien fait dans les combats de libération. C’est en soutien à cet écrit à but électoral qu’un texte m’insultant est publié sur le site électronique du candidat socialiste. Ce texte est aujourd’hui diffusé de la main à la main dans la ville. On m’accuse d’avoir confectionné une banderole sur laquelle on peut lire : « En avant Aubervilliers », qui était (en 1934) le slogan de Jacques Doriot, l’ex-maire communiste de Saint-Denis, passé au fascisme et qui mourra sous l’uniforme nazi.. Je serai donc dans la continuité. Pour mieux comprendre l’incompréhensible de cette calomnie, je dois vous préciser que le mot d’ordre « En avant Aubervilliers » n’est pas de moi. Mais il ne me gêne pas car je ne vois pas le parallèle avec le fascisme. Peut être préfèrerait-il que nous écrivions « En arrière Aubervilliers » après qu’il ait fait allégeance au candidat socialiste. Deuxième précision : sur la banderole qui a été décidée par d’autres que moi, le maire Pascal Beaudet, avec lequel je vais conduire la liste de gauche, figure normalement devant moi. Chacun jugera de l’honnêteté des propos. J’ajoute que l’expression « En avant… » a été beaucoup utilisé dans le mouvement ouvrier. Pour ne prendre que deux exemples, l’organe du Parti socialiste italien s’appelait « Avanti », et celui du Parti communiste portugais s’intitule toujours « Avante ». Ce mot d’ordre ne peut être maudit en lui-même ; il prend toujours son sens dans un contexte particulier. Je précise aussi que « En avant Saint Denis » est tiré d’un chant composé par la société musicale locale de Saint Denis, dont le refrain commence par ces mots : « En avant Saint-Denis, en avant ! Pour l’unité révolutionnaire sous le drapeau rouge flottant au vent… » en 1934 ! Depuis que j’ai lu ces calomnies, je suis mal comme un homme qu’on accuse d’un crime dont il est innocent. Pour moi, être traité de fasciste est une insulte suprême. Ne rien dire, c’est salir ma famille. Je rappelle que mon père et ma tante ont été déportés politiques par les nazis dans les camps d’extermination de Dachau et Ravensbrück. Deux autres de mes oncles ont été victimes des fascistes : l’un interné à Châteaubriand et l’autre fusillé au Mont-Valérien, pour résistance communiste. Durant ma vie militante, j’ai été de toutes les luttes contre le fascisme. Et pas seulement contre le FN mais aussi contre le fascisme en Espagne, au Portugal, au Chili, au Sud Vietnam. J’ai été arrêté plusieurs fois, lors du procès de Burgos, contre le coup d’état de Pinochet, lors de la manif contre le vice Président des Etats-Unis Humphrey, en 1967. Je suis fier de n’avoir jamais diffamé l’un de mes opposants politiques, le respect étant pour moi une question d’éthique en politique. J’avais besoin de vous dire cela pour me laver de ces crachats. J’ai été touché par les témoignages de soutien que j’ai reçus. Parmi eux, cette jeune militante socialiste que je remercie particulièrement.

Jean-Jacques Karman

Rédigé par: Didier Daeninckx | le 14 décembre 2007 à 12:02

Les trous de mémoire de JJK.

Monsieur Jean-Jacques Karman reconnait, et c'est là le principal, que la formule "En avant Saint-Denis" était le slogan de Jacques Doriot lors des élections municipales de 1937, et qu'il est donc fâcheux de le reprendre, par inadvertance, à Aubervilliers, soixante-dix années plus tard. Espérons donc que la banderole "En avant Aubervilliers", oublieuse de l'Histoire, finira sa carrière dans la poubelle du magasin des accessoires.

Jean-Jacques Karman tente de masquer ce faux-pas en se réclamant, comme toujours, du courage de ses ancêtres, m'accusant, à travers sa personne, de leur manquer de respect. C'est un procès d'intention que je ne peux accepter : j'ai toujours eu le plus profond respect pour ceux des siens qui ont eu le courage de se dresser contre la barbarie. Mais je ne pense pas que ce courage soit donné en héritage.

Un exemple récent, et qui touche au plus profond de la morale politique, me permet de m'en expliquer : Il y a quelques mois, les éditions du Temps des Cerises, dirigées par un proche de Jean-Jacques Karman, publiaient un ouvrage d'un chercheur au CNRS, Claude Karnoouh. Il se trouve que Claude Karnoouh s'était rendu célèbre, en 1980, lorsqu'il avait témoigné EN FAVEUR du principal négationniste français, l'ex-professeur Robert Faurisson. L'un des mes amis, l'avocat Bernard Jouanneau, du cabinet Badinter, représentait les parties civiles, et il entendit Claude Karnoouh affirmer à la barre que l'existence des chambres à gaz nazies n'étaient pas prouvée ! Les déclarations de Claude Karnoouh furent publiées par le journal Le Monde et chacun peut aisément s'y reporter. Quand je relevai publiquement le scandale que représentait la caution d'une maison d'édition communiste à Claude Karnoouh, le groupe La Gauche communiste, créé et animé par Jean-Jacques Karman, distribua à Aubervilliers un tract prenant la défense de Claude Karnoouh, niant le fait qu'il avait nié l'existence des chambres à gaz, et me menaçant d'être poursuivi en justice ! Le problème, c'est que certaines taches sont indélébiles.

Aujourd'hui, Jean-Jacques Karman sait que Claude Karnoouh, dont il a assuré la défense, peut-être par ignorance, est bien celui que je disais.



Aujourd'hui Jean-Jacques Karman sait aussi que Claude Karnoouh, dont il a assuré la défense, peut-être par ignorance, était un militant du groupe "La Nouvelle Droite" animé par Alain de Benoist.

Aujourd'hui Jean-Jacques Karman sait que Claude Karnoouh dont il a assuré la défense, peut-être par ignorance, est un des animateurs du Réseau Voltaire, cette officine qui prétend qu'aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone et dont les dirigeants ont fait allégeance à Jean-Marie Le Pen lors des dernières élections présidentielles.

Aujourd'hui Jean-Jacques Karman sait que Claude Karnoouh dont il a assuré la défense, peut-être par ignorance, est membre de la nébuleuse "Axis for Peace", aux côtés du sinistre comique Dieudonné et du dirigeant fasciste américain Lyndon La Rouche.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que le groupe la Gauche communiste reconnaisse qu'elle s'est fourvoyée en soutenant, contre toute évidence, la figure de Claude Karnoouh ?

Il me semble que les personnes remarquables dont Jean-Jacques Karman invoque la mémoire, et dont il rappelle le martyr dans les camps de la mort, sont insultées par le soutien apporté à un chercheur au CNRS qui clame à la face du monde que l'existence des chambres à gaz n'est pas établie !

Je demande donc, avec gravité, à Jean-Jacques Karman de retirer publiquement son soutien à ce chercheur publié par ses amis du Temps des Cerises. Ce soutien est contraire à tout ce à quoi il dit tenir.

Il lui faut choisir entre son Histoire et la proximité avec quelqu'un qui la nie. Pour terminer, je tiens à aborder un sujet tout à fait secondaire par rapport à ce qui précède. Jean-Jacques Karman avance que j'aurais "fait allégeance au candidat socialiste" à Aubervilliers. Il suffit de lire mon texte précédent pour s'apercevoir que rien, sous ma plume, ne l'autorise à ce type d'affirmation. Je voudrais rappeler que lors des dernières élections municipales de 2001, le groupe de Jean-Jacques Karman s'est maintenu au deuxième tour, et que sa liste de division de la gauche, au terme d'une campagne de grande bassesse contre Jack Ralite, a failli offrir une victoire inespérée à la droite. Il s'en est fallu de 250 voix.



Je ne pense pas qu'il fallait, aujourd'hui, accorder une prime à la division en mettant sur pied une liste "bicéphale" dont les citoyens se demandent qui, à terme, tirera les marrons du feu.

Je crois qu'il est encore temps de bâtir une liste d'avenir pour Aubervilliers, une liste qui tienne compte de l'ancrage à gauche de cette ville, un ancrage amplement confirmé par les récentes élections nationales.

Didier Daeninckx

Rédigé par: jean jacques KARMAN le 19 décembre 2007 à 15:08

Pourquoi un tel acharnement ?

Je ne reviens pas sur le « En avant », chacun peut lire les 2 textes déjà publiés. Une simple précision : il ne viendrait à l’idée de personne de demander au maire de St Denis de changer le nom du « Journal de St Denis » parce qu’en 1937 il portait déjà le nom de « Journal de St Denis ».

Mais pourquoi cette volonté de salir qui continue ?

Maintenant on passe à un certain Karnoouh que je ne connais ni ne soutiens puisque je ne l’ai jamais rencontré. Si ce monsieur a fait ou dit ce qui est écrit, je le condamne sans réserve car je n’ai rien à voir avec ces gens là.

Je voudrais rappeler un passage du livre « l’Aveu » qui a, non seulement pour moi, confirmé mon anti-stalinisme mais aussi la nécessité de lutter contre, à un moment où certains me déconseillait de lire ce livre.

Je cite de mémoire :



Le référent stalinien interroge un des accusés du procès en 1952 à Prague et il dit : « vous avez été en Espagne en 1936. Vous y avez rencontré des trotskistes. Les trotskistes sont pénétrés par la CIA. Donc vous avez eu des contacts, voir des liaisons avec la CIA »

Alors je crois que demain, je serai accusé d’un nouveau crime. Pourquoi tant de haine ? Personnellement, je n’ai jamais diffamé la personne qui me diffame j’ai du respect pour l’écrivain mais pas pour le diffameur. Pourquoi mépriser ceux qui pensent autrement ? Pour les élections de 2001, la « vérité historique » vérifiable auprès de Jack Ralite est que j’ai proposé l’union au 2ème tour sans jamais avoir de réponse. J’attends la suite. Peut être une discussion « d’homme à homme » serait-elle préférable ? J’y suis prêt.

Jean Jacques Karman

Rédigé par: Didier Daeninckx | le 20 décembre 2007 à 07:49

La clarté se fait.

Jean-Jacques Karman condamne enfin de manière claire tout soutien au chercheur du CNRS, Claude Karnoouh, qui avait déclaré devant la justice, au plus fort de l'offensive négationniste, que les chambres à gaz n'existaient pas.

Jean-Jacques Karman dit ne pas connaître ce chercheur. Il est pourtant fait état de son existence dans certaines publications locales.

Je tiens à la disposition de Jean-Jacques Karman le tract de son fidèle second prenant la défense de Claude Karnoouh et intitulé "Non au flicage et à la censure".

Je tiens également à la disposition de Jean-Jacques Karman le tract de son propre groupe "Gauche communiste" intitulé "Pour la liberté d'expression" où figure la défense du même Claude Karnoouh.

Il y est dit, entre autres choses que je "dénoncerais d'imaginaires "négationnistes et révisionnistes".

J'ai consacré dix ans de ma vie à un travail rigoureux sur le négationnisme et pointé avant tout le monde, par exemple, la dérive d'un ancien dirigeant communiste, Roger Garaudy, un auteur que les aveugles éditions du Temps des Cerises publiaient, à l'époque.

C'est certainement ces "inventions" qui m'ont valu d'être choisi par Robert Badinter, au printemps dernier, pour être l'un de ses principaux témoins dans un procès intenté à l'ancien Garde des Sceaux par le chef des négationnistes français, Robert Faurisson.

Robert Faurisson, celui-là même que défendait Claude Karnoouh en niant l'existence des chambres à gaz !

Soyons clairs : je n'ai jamais pensé que Jean-Jacques Karman partageait les idées de cette personne.

Ce qui me sidère, c'est qu'il n'ait pas pris le temps de vérifier les informations d'une extrême gravité qui circulaient à propos de Claude Karnoouh, au moment où les éditions du Temps des Cerises publiaient ce curieux chercheur.

Il suffisait pourtant de lire les ouvrages de Pierre Vidal-Naquet, par exemple, pour avoir la confirmation des propos tenus à la barre par Claude Karnoouh. Il suffisait de consulter les archives du journal La Monde pour lire les phrases immondes.

Il suffisait de consulter des sites scientifiques sur Internet pour disposer des sources indiscutables.

Au lieu de cela, les éditions du Temps des Cerises, puis la "Gauche communiste" de Jean-Jacques Karman, ont diffusé des tracts contraires à la vérité des faits.

Ils ne voulaient pas voir, et ceux qui voyaient devaient avoir les yeux crevés !

Ce mécanisme de pensée, qui tente d'invalider l'adversaire plutôt que prendre en compte ses arguments, est typiquement stalinien. Il se résume ainsi : le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.

Le tract mensonger, diffamatoire, de la "Gauche communiste" a été diffusé en mai 2006 devant la librairie Les Mots Passants où j'étais invité. Une équipe constituée de Marie Karman et de Patricia Latour-Combes était à la manœuvre. Était également présent un homme extrêmement excité, habillé en vigile et tenant en laisse un chien berger-allemand. Cette personne, beaucoup de personnes présentes s'en souviennent, s'est permis d'insulter les clients de la librairie en termes orduriers.

Ce sont là des méthodes exécrables, des procédés d'intimidation qui n'ont d'autre but que d'interdire le débat.

Dans ces cas-là, je pense à Jacques Prévert qui disait : "Quand j'entends le mot "revolver", je sors ma culture".

Le principal, aujourd'hui, ce sont les distances publiques que vient de prendre Jean-Jacques Karman avec les écrits injurieux de son groupe "Gauche communiste" et avec le tract du Temps des Cerises, éditeur de Claude Karnoouh.

Pour finir, Jean-Jacques Karman rappelle qu'il a contacté Jack Ralite, au soir du premier tour des élections municipales de 2001, pour lui faire des offres de service.

N'ayant pas obtenu de réponse, Jean-Jacques Karman avait décidé de maintenir sa liste "Gauche communiste" au second tour.

Ceci est contraire à toute la tradition de la gauche républicaine qui veut qu'une liste arrivée en deuxième (ici en troisième) position se retire pour ne pas favoriser la droite.

Le maintien de Jean-Jacques Karman a eu pour conséquence le résultat suivant:

Liste PC-PS (Jack Ralite) : 34,60 Liste UDF (Augy) : 32,32 Liste Karman : 26,45 Liste Labois : 6,64

C'est le maintien inespéré d'une deuxième liste de droite, celle de M. Labois qui a interdit à la liste UDF de prendre l'avantage et de s'installer à la mairie d'Aubervilliers. Il s'en est fallu de 250 voix !

Cela n'a pas servi de leçon. Jean-Jacques Karman a refait la même chose l'année suivante, aux élections législatives, en se présentant au nom de la "Gauche communiste" contre la députée du PCF Muguette Jacquaint. Le Parti socialiste avait alors décidé de retirer son propre candidat, Daniel Goldberg, pour barrer la route à la droite et au Front national. Les électeurs de la circonscription semblent s'être rappelés du geste de Daniel Golberg, cinq ans plus tard, en 2007, en l'élisant à l'assemblée nationale.

C'est dans ce sens que la désunion, à Aubervilliers, ne présente pas les mêmes caractéristiques que dans d'autres villes où PCF et PS s'affronteront au premier tour.

Ici, historiquement, le diviseur a un nom : "Gauche communiste".

Jean-Jacques Karman me propose une rencontre "d'homme à homme". Ma porte lui est ouverte.

Didier Daeninckx

Rédigé par: jean jacques KARMAN le 21 décembre 2007 à 16:08

Enfin un pas positif !

Bien sûr, nous n’avons pas le même cheminement et les mêmes explications sur le « En avant » et le dénommé Karnoouh. La vérité de mon innocence totale se fait jour. Le « En avant » dont je ne suis pas à l’origine n’est naturellement pas doriotiste et Karnoouh que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam ne peut me rendre responsable de quoi que se soit. La 3ème étape est maintenant les élections de 2001 et 2002. Là aussi, tous les faits doivent être exposés pour ne pas en arriver à des demi-vérités. Oui, c’est vrai : nous nous sommes maintenus en 2001 au 2ème tour, après que notre offre d’union n’ait pas reçu de réponse. La discipline républicaine fonctionne quand il n’y a pas de possibilité d’avoir d’élu au 2ème tour. Le risque fut réel et la responsabilité est certainement partagée avec ceux qui ont refusé l’union. Il faut savoir que le même jour, se déroulaient les élections cantonales, où le PCF avait présenté un candidat contre moi, au risque de ne plus avoir de Conseiller général communiste. Une entente fut même organisée avec les candidats du PS et des Verts (la gauche plurielle). Malheureusement pour eux, alors que je réalisais 31 %, ils furent tous éliminés à cause de leur faible score. Au 2ème tour, seul le Front National était en face de moi. J’attends toujours les appels à voter sur mon nom de la part des trois candidats de la « gauche plurielle ». Un membre de la liste de la « gauche plurielle » alla jusqu’à déclarer publiquement « préférer voter FN que JJK » Quelques mois plus tard, les discussions sur les législatives commencent. Muguette Jacquaint déclare publiquement qu’elle ne se représentera pas. Je suis, depuis le début, son député suppléant. Avec certains de mes camarades, nous nous présentons à l’Assemblée générale de circonscription, où je déclare mon opposition à la politique de la « gauche plurielle » en particulier les privatisations sous la houlette d’un ministre « communiste » et donc, je décline toute proposition de candidature sur ces bases. J’annonce ma candidature en même temps qu’une quinzaine d’autres en France pour une réelle politique communiste. Je suis soutenu entre autres, par deux acteurs des plus belles pages de l’histoire du PCF : Henri Alleg, torturé en Algérie sous directive de ministres socialistes ; et Henri Martin, emprisonné pour son refus de faire la guerre au peuple vietnamien. Le populaire leader des chômeurs marseillais, Charles Hoareau vient dans l’une de mes réunions m’apporter son soutien. Très vite, la direction du PCF mesure le risque pour elle, et elle décide dans le cadre des négociations avec le PS, de faire un cas particulier de notre circonscription. Elle invente un danger d’extrême-droite pour justifier une candidature unique de la Gauche dès le premier tour. Le PS accepte en échange de « services » dans d’autres circonscriptions en France. Le candidat du PCF qui est Gilles Poux est remplacé et on demande à Muguette Jacquaint de revenir. Elle réalise 28% au premier tour à Aubervilliers au nom de la Gauche plurielle (PS, PCF et Verts) et ma candidature recueille 16%, et immédiatement je me désiste avec une déclaration reproduite sur sa circulaire, pour Muguette Jacquaint qui est largement réélue, malgré le soi disant danger d’extrême-droite. Une « chasse aux sorcières » se déchaîne contre moi, insultes, lettres anonymes, licenciement, exclusion et même prud’hommes, où je gagne avec l’aide de mon avocat. Malgré ces persécutions, en 2004 au Conseil général de la Seine Saint-Denis, je sauve la présidence communiste qui se joue à une seule voix. Aujourd’hui, les faits sont incontournables, mais rien ne sert de « camper » sur des positions bloquées. Pour les Municipales de 2008, sans nous, le maire communiste est battu. Nous apportons le plus gros contingent et nous sommes d’accord pour que le futur Maire soit Pascal Beaudet sur une liste de large union, conduite par Pascal Beaudet et moi-même. Les électeurs qui nous ont fait confiance depuis 1995, avec une moyenne de 25% sur l’ensemble des élections, sont aussi respectables que ceux qui ont voté pour les listes conduites par Jack Ralite, homme dont je considère l’apport pour la ville d’Aubervilliers comme positif. Les différences et divergences se minimisent avec l’histoire. Excusez-moi pour ce long rappel ; mais cette page de ma vie a été dure pour les miens et moi-même. Je dis merci aux habitants d’Aubervilliers car si je n’avais pas eu leur soutien, j’aurai été battu et piétiné. Pour la rencontre, décidons d’un lieu par l’intermédiaire d’un ami commun.

Jean Jacques Karman