Pendant longtemps ces deux grands courants réformiste et révolutionnaire se sont réclamés du marxisme et du socialisme à leur manière. Logiquement, une politique d’union entre le Parti Communiste et le Parti Socialiste fut recherchée sur "des bases de classe". Ce fut le "Front Uni" dans les années 20, "Le Front Populaire" à partir de 1934, "Pour un nouveau Front Populaire" en 1955/1956, "l’Union de la Gauche" à partir de 1965, "Pour une Démocratie Véritable" et "Pour une Démocratie Avancée" dans les années 60, "Pour un Gouvernement Populaire" en 1968, "Pour un Programme Commun" dans les années 70 et le fameux "Gouvernement de la Gauche Plurielle" de 1997 à 2001. Toutes ces politiques d’union, pas forcément erronées théoriquement et même pratiquement bonnes comme celle du "Font Populaire antifasciste ", se concluent, à terme, par des échecs. Le pire échec fut celui de la "Gauche Plurielle", période durant laquelle des ministres communistes ont participé à des privatisations capitalistes et nous ont amené à 1% à l’élection présidentielle suivante.

Toutes ces constructions de la politique d’union reposaient sur une donnée de base : l’union obligatoire avec le Parti Socialiste. Cette politique d’union partait de l’idée que le Parti Socialiste est historiquement un parti ouvrier se réclament du socialisme et donc il était sous entendu une unité nécessaire de la classe ouvrière comme base, puis la pire l’aberrations du parti unique de la classe ouvrière avec les tentatives de 1936 et 1945, où des commissions d’unification PC/PS ont étaient mise en place pour qu’artificiellement l’un des deux partis abandonne sa nature profonde, pourtant reflet de la réalité idéologique de toute classe ouvrière réelle. Ou encore la thèse révisionniste du "souhaitable" congrès de Tours à l’envers, des années 1980/1990, avec la disparition du Parti Communiste Français, mortifère pour les idées révolutionnaires. Toutes ces tentatives firent mises en échec grâce à l’intervention des militants communistes de base.

Deuxième donnée incontournable de ces constructions politiques : l’existence d’une étape démocratique avant la révolution socialiste. Le "Front de Gauche" est à se sujet une première tentative d’une autre construction d’union, mais qui reprend aussi l’étape démocratique sous la forme de la 6ème république, alors que les conditions du socialisme sont réunis et donc il n’y a pas d’étape entre le capitaliste en crise et la solution qu’est le socialisme. Et très vite l’attitude envers le PS divisa, car cette question n’est pas réglée sur le fond.

Aujourd’hui, où le "Front Gauche" est critiqué de toutes parts, pour construire une nouvelle et surtout juste politique d’union, il nous faut, nous poser quelles questions ? Quelles sont les conditions du changement aujourd’hui dans la France et l’Union Européenne de 2014 ? Sommes-nous à la fin d’un deuxième cycle historique où l’union ne repose plus sur les mêmes données ? Où en sommes-nous du parti révolutionnaire et où allons-nous ? Certains veulent revenir sous une forme moderne à une construction d’un nouveau "Front Populaire" d’autres (ou parfois les mêmes) privilégient toujours l’union directe avec la direction du Parti Socialiste. Ni l’une, ni l’autre ne me semble justes et contemporaines. Je me pose sincèrement la question de savoir si ces camarades pensent encore que le socialisme est possible aujourd’hui dans la France de 2014, après l’expérience soviétique ou encore pensent-ils que la révolution est historiquement dépassée ? Qu’ils disent leur pensée profonde, ça nous aidera à clarifier le débat ! Pour moi, les faits sont têtus : nous sommes bien dans la crise générale du capitalisme, à un degré jamais atteint par celle-ci, et non seulement ce capitalisme ne tombera JAMAIS de lui-même mais il n’est pas réformable. La révolution au sens marxiste du terme est incontournable, pour construire une nouvelle société, une vraie 1ère république sociale, démocratique et populaire de France.

Pour cela, nous devons lutter quotidiennement contre les contre réformes capitalistes mettant à mal toutes les conquêtes de la classe ouvrière depuis un siècle. Et dans un même mouvement, avancer les conditions de rupture avec ce capitalisme, à savoir la nécessaire révolution démocratique marxiste. Obtenir du peuple de France un accord dominant sur la condamnation du rôle néfaste des banques dans la crise du capitalisme et la nécessité première de les nationaliser et socialiser leur gestion, sans indemnisation des capitalistes qui se sont déjà trop "engraissés", au point de nourrir eux mêmes la crise à un degré jamais atteint. Dou le rassemble incontournable pour obtenir des rapports de force favorables sur toutes les questions nécessaire pour la rupture réelle avec le capitalisme dans le processus révolutionnaire démocratique.

L’existence et le renforcement du Parti Communiste est premier et il doit engager la lutte pour la révolution socialiste dès maintenant en comptant d’abord sur ses propres forces pour réussir. Ce rôle "d’avant-garde" du Parti Communiste n’est pas à imposer mais à gagner. Il n’est pas à opposer à la nécessité du rassemblement pour le socialisme. Le Parti Communiste ne peut pas être à la "traine" de qui que ce soit. Il est force de proposition et d’action, le rassemblement aujourd’hui ne peut être qu’anticapitaliste et pour le socialisme réel donc démocratique. Un "Front Démocratique de Rupture avec le Capitalisme pour le Nouveau Socialisme" doit voir le jour. Il n’y a plus d’étape sur la route du nouveau socialisme, la révolution démocratique marxiste est à l’ordre du jour.

La rupture avec le capitalisme nécessite aujourd’hui une rupture historique avec la direction nationale du Parti Socialiste sinon, nous porterons une part de leur impopularité suite à leur déroute historique. Le Parti Socialiste n’est plus un parti ouvrier. Il a, depuis longtemps, rompu avec le marxisme. Il ne veut pas le changement société, pire il est, dans les faits, l’un des principaux remparts pour la défense du capitalisme, comme la dérive Hollande-Valls actuelle le prouve. Il peut même devenir le dernier rempart du capitalisme. Toute autre est l’attitude envers les militants socialistes qui doivent rejoindre l’action pour le nouveau socialisme. Un seul mot d’ordre à gauche :

"Rassemblement anticapitaliste pour un nouveau socialisme"