Nous sommes au bout de notre erreur stratégique, pourtant votée par nombre de congrès depuis celui de Martigue.

Le problème n’est pas une mauvaise application de la stratégie décidée lors du dernier congrès, comme le laisse entendre certaines prises de position collective, mais bien la stratégie elle-même votée par tous ces camarades. Donc remplacer une direction par une autre qui a voté la même stratégie, aboutira au même résultat.

Quand sur une si longue période une stratégie ne fonctionne pas, il faut en changer. Peut-être que nous minoritaires d’hier nous n’avons pas totalement tort.

Après nos reculs historiques, chaque fois aggravés, aux municipales, cantonales et régionales mettant en cause notre implantation nationale et notre existence même, nous réalisons aujourd’hui le plus mauvais score à des élections législatives depuis que notre parti existe. Avec 615 487 voix au premier tour nous sommes même en dessous des législatives de 1932 année culminante du stalinisme idéologique.

Je ne parle pas des présidentielles puisqu’en 2017 nous y sommes absents, complètement hors jeux à cause d’une orientation électorale complètement folle, contre disant une nouvelle fois nos enseignement de 1974 pourtant ratifiés par un congrès. Ajoutons pour le flou de notre orientation actuelle, l’incompréhension totale du sens de l’appel à soutenir la réformiste Vallaud-Belkacem qui a toujours approuvé l’orientation sociale libérale d’Hollande et même qui est venue à Aubervilliers lors du 2ème tour des élections municipales pour soutenir une liste pourtant arrivée 2ème contre la liste à majorité communiste. Cela me rappelle aussi la photo des poings levés lors des régionales avec Claude Bartolone qui, lui aussi avait pourtant déclaré vouloir éradiquer les communistes de la Seine Saint Denis.

Tant que nous n’aurons pas une position claire et juste sur la sociale démocratie, nous endosserons une partie de son rejet et nous nous priverons de progrès possibles.

Un congrès extraordinaire de notre Parti Communiste est plus que nécessaire. Donnons-nous plusieurs mois de réflexions-discutions théoriques et refondons notre stratégie sur des bases révolutionnaires comme ont sus le faire les communistes russe en « Avril 1917» oui je dis bien en avril 1917..

La question qui nous est posée n’est pas seulement le meilleur programme pour se défendre face aux capitalistes, mais aussi et surtout d’avoir et propager une orientation de rupture de classe avec le régime capitaliste pour construire une société nouvelle sans classe remplaçant démocratiquement l’Etat bourgeois.

On s’apprête aujourd’hui à parler d’Octobre 17 comme d’un événement purement russe et historique, alors que, même si l’histoire nous enseigne que des événements ne se répètent jamais deux fois d’une manière identique, les révolutions de Février et d’Octobre 1917 sont pleines d’enseignements y compris pour nous aujourd’hui. Sans la stratégie de rupture avec la sociale démocratie et l’action pour une société nouvelle d’un parti, que Lénine qualifia de « communiste » dès avril 1917, il n’y aurait pas eu en Octobre 1917 de Révolution socialiste victorieuse.

La Direction du PC a fait adopter une résolution du CN contre laquelle j'ai voté; car elle tend à noyer le poisson. En effet, cette résolution met à égalité un tas de questionnements comme s'ils étaient responsables de notre recul. Parmi eux, bizarrement, le nom du PC. Bien sûr, notre fonctionnement est toujours à améliorer mais le rendre responsable de notre recul historique, à la limite de la faillite, s'apparente à une manipulation, une véritable provocation; car c'est la question de l'orientation politique qui est à revoir. Mettons donc à l'ordre du jour du Congrès extraordinaire, le Congrès de Martigues à l'envers, et là, nous verrons où se posent les vrais problèmes stratégiques.