Or, dans notre département (l’un des plus pauvres de France), les taux d’infection sont supérieurs à la moyenne nationale. Rappelons que cette maladie constitue un des effets de la paupérisation, des difficultés à se loger dignement et à se soigner.

Notre pays, comme tous les pays riches, avait pourtant vu la tuberculose quasiment éradiquée avec la mise au point de vaccins et de traitements de plus en plus efficaces et l’amélioration des conditions de vie. Mais avec la fin du BCG obligatoire en 2007, la désertification médicale de certains de nos quartiers, la pénurie de médecins scolaires, les besoins en prévention et en soins ont de nouveau explosé.

Et voilà qu’aujourd’hui, l’assurance-maladie supprime sa subvention annuelle de 1,4 million (soit 15% du budget santé du département). Cette mesure s’inscrit dans la logique de la loi « santé » et du plan d’économies de 50 milliards de Manuel Valls. Nous assistons à la poursuite de la casse de la santé publique ! Ainsi, si l’Etat refuse d’agir (comme cela semble très probable), 7 centres départementaux de santé pourraient fermer et les opérations de dépistage itinérantes seraient également remises en cause. Cette situation est évidemment très grave pour toutes les personnes à haut risque ou malades de notre département. Elle constitue aussi un vrai problème de santé publique.

Les logiques comptables ne doivent pas prévaloir sur les besoins humains fondamentaux. Souvenons-nous qu’en 1946, alors que notre pays était ruiné par la guerre, la gauche, avec un ministre communiste, a su créer la sécurité sociale, garantissant ainsi l’accès à la santé pour chaque citoyen-ne, quelque soit sa situation sociale et géographique. Cette formidable avancée répondait d’ailleurs à un principe fondamental des droits de l’homme. Il est indigne d’un gouvernement « dit socialiste » d’y déroger aujourd’hui. Marisol Tourraine, ministre de la santé, doit répondre positivement et sans délai à la demande du Conseil général.