1934 : C’est dans un sanatorium qu’André KARMAN apprend la mort de son père des suites de la guerre (gazé).

__André KARMAN 1924__ : Né le 10 mars 1924 à Aubervilliers (Seine). Marié le 3 novembre 1945 à Aubervilliers avec Christiane BUSTON. Décédé le 31 mai 1984.

1957 : Conseiller général communiste de la Seine de 1957 à 1967 (Aubervilliers), puis de 1967 à 1984 de la Seine-Saint-Denis

André KARMAN est né à Aubervilliers, 42, rue Henri Barbusse dans une famille ouvrière issue de Lorraine qui, dans le dernier tiers du XIXème siècle, avait quitté le village mosellan de Grossblienderstroff pour s’installer aux Quatre-Chemins, dans un quartier écarté surnommé « la petite Prusse » en raison d’une importante population d’émigrés de langue germanique.

1937 : Tout jeune, à dix ans, André KARMAN devient pionnier (organisation d’enfants du Parti Communiste). En 1937, il passe son certificat d’études, apprend au Centre d’Apprentissage des jeunes Chômeurs dans le Xème arrondissement, le métier de fraiseur et adhère à la Jeunesse Communiste. Il travaille ensuite comme fraiseur à l’usine de roulements à bille « MALICET ET BLIN » à Aubervilliers.

1940 : Il participe à l’organisation des comités populaires de la métallurgie et, en 1941, crée un groupe de sabotage contre l’occupant, adhère au Parti Communiste Français et participe à l’organisation d’un groupe de F.T.P.F. Son action lui valut de se voir remettre la Croix de Combattant Volontaire de la Résistance. Il porte le nom de Jean-Jacques dans la Résistance. 1943 : Le 5 mai, il est arrêté à la Porte de Pantin, alors qu’il transportait du matériel clandestin. Interrogé par les brigades spéciales, interné à la Santé puis à la centrale d’Eysses où il participe à la révolte des prisonniers réprimés par la division Das Reich, il est transféré ensuite à Compiègne puis à Dachau (matricule 73 597). Sa sœur est déportée à Ravensbrück, son beau-frère est fusillé au Mont-Valérien, son oncle interné à Châteaubriant.

1945 : Le camp de Dachau est libéré le 27 avril, lui est pris en otage par les SS et se libérera au moment de la jonction avec des soldats de l’Armée Rouge. Il arrive à Paris le 11 mai où tout le monde croyait qu’il avait été fusillé. Il retourne rapidement à l’usine d’abord chez « Langlois et Jauned » à Courbevoie, puis chez « Auffrère » à Pantin. Il devient secrétaire du syndicat des métaux pour les communes d’Aubervilliers, Pantin, le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas et Bagnolet.

1948 : Elu secrétaire de la section d’Aubervilliers du Parti Communiste Français, il entre en 1949 au secrétariat de la fédération de la Seine du P.C.F. où il est le numéro 3 de la hiérarchie, secrétaire à la propagande. Il est élu en 1953 Conseiller municipal d’Aubervilliers dont il devient Maire en 1957, après le décès d’Emile DUBOIS, fonction qu’il conservera jusqu’à son décès. Il a 33 ans et est le plus jeune Maire de France des villes de plus de 30 000 habitants. Dans « Ce que j’ai cru comprendre », Annie KRIEGEL dresse un portrait d’André KARMAN dans les années 50 : « le visage émacié porté par un cou offrant une grande bouche aux lèvres très minces contrastant avec un menton accusé et un nez charnu, un front lumineux qui rejetait dans l’ombre deux oreilles trop décollées, des yeux souvent mi-clos, étirés comme ceux des chats, tout à la fois vifs et voilés par la fumée montant de la cigarette, ce garçon d’apparence chétive, encore qu’il fut carré d’épaules, cachait une âme double, divisée contre elle-même, une âme d’acier qui, au lieu d’être trempé aurait été ému ». En tant que Maire, il est Secrétaire général de l’Union des Maires de la Seine.

1954 : Quand la fédération communiste de la Seine se décentralise, il est premier secrétaire de la fédération de la Seine Nord-Est, mais il ne monte pas plus haut dans l’appareil car un véritable procès lui est fait. Il est destitué. Député suppléant de Waldeck ROCHET, représentant de la 41ème circonscription de la Seine-Saint-Denis, de 1958 à 1968, il est élu Conseiller général du 23ème secteur (Aubervilliers Sud) en 1959, puis il siège au Conseil général de la Seine-Saint-Denis jusqu’à son décès : il est encore réélu en 1982 Conseiller général du canton d’Aubervilliers-Ouest. En 1959, il figure en dernière position de la liste communiste aux élections sénatoriales.

1962 : Au conseil général, il est membre de la deuxième commission, de la commission des anciens combattants, de la commission du budget et du personnel dont il est secrétaire de 1965 à 1967. Il est également secrétaire du comité du Budget et, de 1959 à 1965, membre de la commission du travail et du chômage. En 1962, il est désigné comme Vice-président du Comité du plan d’équipement de la Seine, où il siège comme simple membre après 1965.

Il a été de toutes les luttes ouvrières, démocratiques, nationales, et pour la Paix, ce qui lui a valu deux tentatives d’attentat, de l’OAS et du groupe DELTA.

Parmi toutes les responsabilités qu’il a assumées, malgré une santé depuis des années fragilisée par la déportation, celle de Maire d’Aubervilliers en a été le centre. Rarement, en effet, un homme s’est identifié aussi pleinement à la ville qui l’a élu Maire pendant 27 ans.

Il était marié, père de trois enfants Jean Jacques, Daniel, Michel et grand-père de six petits-enfants.

Il meurt le jeudi 31 mai 1984 des suites d’une tumeur au cerveau.

Ses obsèques le 5 juin 1984 sont marquées par une présence en masse des habitants d’Aubervilliers.